Traitement de surface

Pour comprendre la corrosion, il faut commencer par acquérir des connaissances

Pourquoi la formation VOM est plus d'actualité que jamais

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Anodes sacrificielles sur la coque et le gouvernail d’un navire (© Materials Consult)

L’Association belge des techniques de surface des matériaux (VOM) a organisé une formation de deux jours intitulée "Phénomènes de corrosion et mesures préventives" afin de mieux préparer les entreprises aux défis liés à la corrosion. Metallerie s’est donc entretenu avec Frans Vos et Veerle Fincken, spécialistes de la corrosion. Ils soulignent que la corrosion ne peut jamais être totalement évitée. Cependant, de nombreux problèmes peuvent être évités grâce à des connaissances et une prise de conscience suffisantes, à un choix judicieux des matériaux, à une conception adéquate et à une bonne compréhension de l’ensemble de la chaîne de production.

Matthias Vanheerentals - 2 juillet 2026

Un problème inévitable

La corrosion est un processus électrochimique généralement indésirable qui a un impact économique considérable. Elle n’en reste pas moins un phénomène auquel pratiquement toutes les entreprises du secteur de la métallurgie sont confrontées tôt ou tard. La corrosion par piqûres, la corrosion sous contrainte, la corrosion atmosphérique, la corrosion galvanique, la corrosion interstitielle, la corrosion sous isolation, la corrosion d’origine microbiologique et la corrosion par fatigue ne sont que quelques exemples de types de dommages pouvant avoir des conséquences considérables sur les structures, les installations et les produits. D'autres phénomènes de détérioration, tels que la cavitation et la fatigue mécanique, sont également abordés, tout comme l'influence des combinaisons de matériaux, le conditionnement, l'analyse et des études de cas pratiques.

La formation reste un pilier de l’offre de VOM

Selon Veerle Fincken, on constate aujourd’hui un intérêt croissant pour la corrosion. Ce n’est pas en soi un phénomène nouveau, mais elle remarque que de nombreuses entreprises souhaitent aujourd’hui approfondir davantage les mécanismes sous-jacents qu’auparavant. "Nous organisons désormais cette formation deux fois par an et les sessions affichent à chaque fois complet", explique-t-elle. "Cela montre qu’il existe un besoin évident. L’une des principales raisons est que la corrosion n’est pratiquement pas abordée dans l’enseignement classique. À moins d’être ingénieur civil, ingénieur industriel ou chimiste, on ne reçoit généralement que peu, voire aucune formation sur ce sujet. Nous essayons de combler cette lacune."

 Tenzij je burgerlijk ingenieur, industrieel ingenieur of chemicus bent, krijg je hierover meestal weinig of geen opleiding. Wij proberen die tekortkoming op te vullen.”
Veerle Fincken, directrice générale de VOM : "À moins d’être ingénieur civil, ingénieur industriel ou chimiste, on ne reçoit généralement que peu, voire aucune formation sur la corrosion. Nous essayons de combler cette lacune" (© VOM)

Tant M. Vos que Mme Fincken sont convaincus que la corrosion restera un thème important dans les années à venir. "Tant qu’il y aura des candidats, nous continuerons à organiser cette formation", déclare Mme Fincken. Selon elle, VOM se distingue par l’accent mis sur le traitement de surface et le lien direct avec la pratique. "Notre marché est très spécifique. Le traitement de surface est un créneau pour lequel il existe peu de formations formelles. C’est pourquoi nous continuons à miser sur des formations axées sur la pratique qui répondent directement aux besoins du terrain."

Le renouvellement générationnel suscite un regain d’intérêt pour la corrosion

Frans Vos constate également une évolution notable chez les participants. "Aujourd’hui, beaucoup de gens veulent mieux comprendre pourquoi les choses se passent ainsi. Autrefois, on acceptait souvent ce que disaient des collègues expérimentés ou des spécialistes. La jeune génération est devenue plus critique. Elle ne souhaite pas seulement acquérir des connaissances, mais aussi comprendre pourquoi des erreurs ont été commises par le passé afin de pouvoir les éviter à l’avenir."

L’objectif de la formation n’est pas de faire des participants des spécialistes de la corrosion. Ils doivent toutefois apprendre à reconnaître la corrosion, à comprendre quels facteurs jouent un rôle et à cerner les causes et solutions possibles. "On ne devient pas spécialiste de la corrosion après deux jours de formation", souligne Mme Fincken. "Mais on apprend à reconnaître la corrosion, à poser les bonnes questions et à réfléchir à d’éventuelles mesures correctives. C’est exactement le but recherché."

Selon elle, l’évolution technologique joue également un rôle. "De nouveaux matériaux, alliages et matières premières recyclées apparaissent sans cesse sur le marché. Les choix de matériaux deviennent donc plus complexes et les entreprises doivent se tenir au courant des dernières avancées."

De jonge generatie is kritischer geworden. Ze willen niet alleen kennis vergaren, maar ook begrijpen waarom er in het verleden fouten zijn gemaakt zodat ze deze in de toekomst kunnen vermijden.”
Frans Vos, directeur général de Materials Consult : "La jeune génération est devenue plus critique. Elle ne souhaite pas seulement acquérir des connaissances, mais aussi comprendre pourquoi des erreurs ont été commises par le passé afin de pouvoir les éviter à l’avenir" (© Matthias Vanheerentals)

Pas de spécialistes de la corrosion

Bien que l’objectif ne soit pas de réaliser des analyses complètes des dommages pendant la formation, de tels exemples contribuent à concrétiser la théorie. "Souvent, une telle discussion surgit spontanément pendant le cours", explique M. Vos. "Lorsque certains mécanismes de corrosion sont expliqués, cela fait tilt chez quelqu’un. La réaction ne tarde pas à venir : “Attendez un peu, nous avons déjà vécu quelque chose de similaire chez nous.” C’est ainsi que des cas pratiques sont naturellement mis sur la table."

"Beaucoup de gens pensent encore que l’acier inoxydable ne peut pas poser de problèmes. Malheureusement, ce n’est pas vrai."

Selon M. Vos, les entreprises souhaitent aujourd’hui être mieux armées pour les discussions avec leurs clients, leurs fournisseurs et leurs assureurs. En effet, lorsqu’un sinistre survient, il s’ensuit souvent une recherche de la cause et des responsabilités. "De nombreuses entreprises souhaitent mieux comprendre ce qui a conduit au sinistre et quel rôle elles ont éventuellement joué dans celui-ci", explique M. Vos. "Ces connaissances prennent de plus en plus d’importance."

Choix des matériaux lors de la conception

La corrosion est en effet omniprésente. C’est pourquoi la formation ne se limite pas exclusivement au secteur du traitement de surface, mais aborde également des exemples issus d’autres industries. Pour l’industrie métallurgique, la sélection des matériaux constitue, selon M. Vos, un point important à prendre en compte. "En réalité, le choix des matériaux devrait faire l’objet d’une réflexion approfondie dès la phase de conception. Pourtant, je me demande parfois si cela est toujours suffisamment pris en compte."

Les entreprises de transformation des métaux achètent des matériaux et les transforment, mais selon lui, elles ne posent pas toujours les bonnes questions. "Réfléchit-on suffisamment à l’application finale ? Demande-t-on dans quel environnement le matériau sera utilisé ? Ce réflexe fait parfois défaut."

Il reste nécessaire d’approfondir les connaissances en métallurgie

Il cite notamment l’acier inoxydable et l’aluminium. "Beaucoup de gens pensent encore que l’acier inoxydable ne pose aucun problème. Malheureusement, ce n’est pas vrai. L’aluminium a lui aussi ses limites. Ces deux matériaux possèdent une couche de passivation protectrice, mais celle-ci peut être altérée dans certaines circonstances. Les chlorures en sont un exemple bien connu."

Par ailleurs, les traitements mécaniques peuvent également avoir une grande influence sur le comportement ultérieur à la corrosion et sur l’adhérence des revêtements. "L’usinage des métaux modifie la surface", explique M. Vos. "Cela a des conséquences non seulement sur la corrosion, mais aussi sur l’adhérence des systèmes de peinture et de revêtement. L’historique d’une pièce joue donc un rôle important."

Traitements mécaniques

Selon M. Vos, de nombreuses entreprises manquent encore de connaissances fondamentales en métallurgie. "Les entreprises connaissent souvent très bien leurs processus de production. Elles maîtrisent leurs machines, leurs procédés de revêtement et leurs traitements préalables. Mais lorsqu’il s’agit des métaux eux-mêmes, les connaissances de base s’avèrent souvent limitées."

Il cite également les architectes en exemple. "De nombreux architectes pensent avoir une connaissance suffisante de la métallurgie, mais leur formation n’aborde ce sujet que de manière superficielle. On constate donc parfois que des matériaux sont utilisés dans des conditions pour lesquelles ils ne sont en réalité pas adaptés." Selon lui, la cause ne réside pas tant dans les individus que dans un manque de connaissances de base et de sensibilisation.

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Dégâts causés à une patine de cuivre lors du retrait de l’emballage (© Materials Consult)

Pensée systémique

Un concept sur lequel Vos insiste fortement lors de ses formations est ce qu’il appelle lui-même la "pensée systémique". "Un matériau ne fonctionne jamais isolément. Il fait partie d’un système. Ce système évolue constamment. Les installations démarrent, s’arrêtent, sont nettoyées, entretenues ou utilisées dans un autre environnement. C’est précisément lors de ces moments de transition que des problèmes surviennent souvent."

Selon lui, dans 90 % des cas de sinistres, ce n’est pas l’utilisation normale qui pose problème, mais bien une situation exceptionnelle. Il cite l’exemple d’une entreprise belge qui fournissait des structures de panneaux solaires pour des projets en Inde. Bien que les installations se trouvaient à des centaines de kilomètres de la côte, la géographie locale et les conditions météorologiques faisaient qu’elles étaient tout de même exposées à un climat maritime. La corrosion s’est donc produite beaucoup plus rapidement que prévu.

"Les entreprises maîtrisent leurs machines, leurs procédés de revêtement et leurs traitements préalables. Mais lorsqu’il s’agit des métaux eux-mêmes, les connaissances de base s’avèrent souvent limitées."

Le soudage reste un point d’attention

Les opérations de maintenance constituent également un exemple classique. "Lors de la maintenance, on utilise parfois des produits de nettoyage avec lesquels les revêtements ou les matériaux ne sont pas compatibles. Il en résulte un vieillissement accéléré ou des dommages, non pas parce que le matériau était de mauvaise qualité, mais parce que les conditions ont changé."

Veerle Fincken souligne par ailleurs l’influence des opérations telles que le pliage, le fraisage et surtout le soudage. "La manière dont une construction est assemblée a une grande influence sur sa durée de vie. Nous constatons encore de nombreux problèmes au niveau des soudures. Non pas parce que le soudage est en soi une mauvaise technique, mais parce que l’on ne tient pas suffisamment compte de ses conséquences sur le traitement de surface et la résistance à la corrosion."

Le contrôle à la réception prend de plus en plus d’importance

Les nouvelles techniques de soudage, telles que le soudage au laser, offrent de nombreux avantages, mais soulèvent également de nouveaux points à prendre en compte. Par ailleurs, elle constate encore régulièrement des constructions dans lesquelles l’eau ne peut pas s’écouler, où des matériaux incompatibles entrent en contact les uns avec les autres ou où l’on n’accorde pas suffisamment d’attention aux joints d’étanchéité. "La corrosion par contact, l’accumulation d’eau et les détails de conception restent des causes majeures de problèmes."

Un autre thème abordé en détail lors de la formation est le contrôle à la réception. Selon Mme Fincken, les spécialistes du traitement de surface ne savent souvent pas exactement ce qui leur est livré. "Le peintre fait son travail, mais ignore souvent les traitements que le produit a subis auparavant. L’échange d’informations tout au long de la chaîne est bien trop insuffisant."

Montagetoestand cassette © Materials Consult
Les conséquences de la "corrosion par taches blanches" dans l’espace entre les cassettes murales galvanisées (© Materials Consult)

Vérifiez les certificats des matériaux

Selon elle, l’augmentation des importations de matériaux en provenance de différentes régions du monde ne fait que renforcer cette nécessité. Mme Vos partage cet avis. "Vérifiez les certificats des matériaux. Assurez-vous que la traçabilité est correcte. Et soyez vigilants vis-à-vis des films de protection, des huiles et autres produits présents sur les matériaux lors de leur livraison."

Il fait notamment référence aux films de protection dont les colles contiennent du silicone. "Les résidus de silicone peuvent causer de gros problèmes lors des processus de peinture. Pourtant, on n’y prête souvent pas suffisamment attention. Il faut parfois interroger activement les fournisseurs ou prendre des mesures supplémentaires." Selon lui, les entreprises ne doivent pas partir du principe que tout ce qui leur parvient peut être traité sans problème.

L’emballage, un facteur sous-estimé

Un aspect particulier de la formation VOM est l’attention portée à l’emballage en lien avec la corrosion. "Beaucoup de gens associent l’emballage au carton ou au film plastique", explique M. Vos. "Mais en réalité, l’emballage est un concept beaucoup plus large." Selon lui, même la manière dont un bâtiment est construit peut être considérée comme une forme d’emballage.

Il cite le cas d’un chantier où les cloisons intérieures ont été posées avant que le toit ne soit entièrement achevé. Les intempéries survenues pendant la phase de construction ont entraîné des problèmes imprévus. "Cela montre à quel point il est important de ne pas considérer les matériaux uniquement en fonction de leur application finale, mais aussi en fonction des conditions dans lesquelles ils se trouvent temporairement."

Systèmes de protection et détection de la corrosion

Outre la formation de deux jours sur la corrosion, VOM organise également en septembre 2026 une journée d’étude consacrée aux "revêtements protecteurs et à la protection cathodique des structures enfouies et situées en milieu aquatique". Cette journée abordera les mécanismes de protection et les méthodes de détection précoce de la corrosion. Ces thèmes sont particulièrement pertinents pour les projets d’infrastructure, les écluses, les ports, les installations offshore et de nombreuses autres applications dans lesquelles les structures métalliques sont exposées de manière prolongée à des conditions agressives.

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