Gearcraft révise un lourd treuil de chalut en quatre mois
Axes jusqu'à 7,5 m et tambours de 6 m de long et Ø 2,5 m
Le spécialiste des engrenages Gearcraft s'est récemment attelé à la révision d'un énorme treuil de chalut, démontrant ainsi sa polyvalence. Outre le réaffûtage des engrenages et la fabrication de nouveaux, l'entreprise a tourné des axes mesurant jusqu'à 7,5 mètres de long, a alésé des tambours de câble – plus grands qu'un homme! – et a appliqué une protection anticorrosion. Le fait que cette entreprise familiale ait réussi à mener à bien ce projet en moins de quatre mois prouve qu'elle est capable de s'adapter rapidement sous une forte pression temporelle.
Installation soumise à des contraintes extrêmes
Le treuil en question provenait d’un chalutier à perche de plus de 100 mètres de long, un navire de pêche qui remonte à bord de grands filets à l’aide de câbles lourds passant par la poupe. Les forces qui s’exercent lors de cette opération imposent des exigences élevées à l’installation du treuil. De plus, il s'agit d'un chalutier congélateur pélagique, sur lequel la prise est traitée et congelée à bord. Cela lui permet de rester en mer pendant de longues périodes.
Les treuils de chalut sont donc soumis à rude épreuve en raison de la combinaison de charges mécaniques importantes pendant leur utilisation et de l'influence corrosive continue de l'eau salée et de l'air marin. Pour garantir la fiabilité et la sécurité d'un treuil, des inspections régulières, un entretien et des révisions occasionnelles sont donc indispensables.
Révision du réducteur
Dans le cadre de cette révision, Gearcraft a collaboré avec un partenaire néerlandais, qui s'est chargé du (dé)montage et du remplacement des roulements.
Gearcraft s'est notamment chargé de la remise au point des composants de la boîte d'engrenages. "Nous avons rectifié les plus grands engrenages et remplacé certains engrenages plus petits par des neufs, que nous avons fabriqués nous-mêmes", explique le gérant Frederiek Vanhoutte. "Nous rendons ces engrenages plus petits légèrement plus épais, afin de compenser la matière enlevée sur les plus grands et de conserver ainsi le jeu."
Axes longitudinaux jusqu’à 7,5 mètres
Gearcraft a également remplacé tous les axes, dont les plus longs mesuraient pas moins de 7,5 mètres. "Lorsque nous avons reçu cette commande de révision, nous avons décidé d’acheter un nouveau tour capable de traiter de telles longueurs." Un investissement qui, selon le directeur, sera rapidement rentabilisé. "Nous fabriquons des arbres longs pour ce client depuis 2020. Jusqu’à présent, il s’agissait principalement d’arbres plus courts, mais à l’avenir, nous prévoyons de traiter plus souvent des longueurs de ce type."
"Cette longueur nécessite d’ailleurs une approche spécifique pour garantir la rectitude et la précision dimensionnelle", poursuit-il. "Lorsque les barres rondes destinées à la fabrication des longs arbres arrivent ici, elles sont toujours légèrement courbées. Plus l'axe est long, plus le résultat final est sensible à la flexion et aux petits écarts. C’est pourquoi nous les redressons d’abord à l’aide de notre presse de 400 tonnes. Viennent ensuite le pré-tournage, un nouveau redressage et enfin la finition aux tolérances requises."
Des tambours plus grands qu'un homme
Outre la boîte de vitesses et les axes, les huit tambours ont également nécessité une attention particulière. "Nous avons alésé un tambour de filet de six mètres de long et de deux mètres de diamètre. Une opération que la plupart de nos concurrents en Belgique sont contraints de refuser", déclare-t-on avec fierté. "De plus, nous avons fabriqué nous-mêmes la tête d'alésage, car on ne trouve pas sur le marché de têtes d'alésage standard pour usiner de tels diamètres."
Pour quatre tambours plus petits, Gearcraft a utilisé son tour à carrousel Titan, qui permet d’usiner des pièces jusqu’à 3,5 mètres de diamètre. Les retouches nécessaires ont ainsi pu être entièrement réalisées en interne.
Après les réparations mécaniques, Gearcraft a également veillé à ce que les pièces bénéficient de la protection anticorrosion requise grâce à un sablage et une peinture au pistolet.
Quatre mois entre le démontage et la livraison
Bien que le projet du treuil de chalut n’ait pas été une mince affaire sur le plan technique, le plus grand défi résidait dans le calendrier. "Le chalutier devait reprendre la mer dès le 1er juin, ce qui signifiait concrètement pour nous que nous n’avions que quatre mois au total."
Vanhoutte souligne que ce n’est pas beaucoup pour un projet de cette envergure. "Lors d’une escale en chantier, plusieurs intervenants doivent généralement travailler sur un navire, ce qui n’est pas toujours possible simultanément. Si l’un d’entre eux prend du retard, cela provoque rapidement une réaction en chaîne dans le planning. Tout le monde devait respecter son délai."
"Ici, on travaillait jour et nuit." L’approvisionnement en matériel devait également être planifié avec précision. "Les arbres standard mesurent généralement six mètres de long au maximum. Pour les pièces plus longues, nous dépendons d’un fournisseur étranger."
C'est précisément cette combinaison de disciplines qui a permis de mener à bien la révision dans les délais impartis. "Outre la technique des engrenages et l'usinage, nous maîtrisons également des techniques telles que l'électroérosion, le revêtement par laser et la rétro-ingénierie. Pour cela, nous utilisons des systèmes de mesure et de suivi laser de haute précision. Nous mettons cette expertise au service de clients issus de secteurs variés, allant de la navigation et de l’énergie au textile, en passant par l’agriculture, la pharmacie et l’aéronautique", conclut-il.
